LA PUBLICATION DES ÉLUS VERTS - ANCIEN ÉDITORIAL BREST OUVERT 34

OGM: la nature en otage !

 

Les Verts ont largement participé à la réussite du rassemblement régional de Pontivy. Cette manifestation colorée et gaie avec ses milliers de participants de tous âges marque un pas important dans la reconquête de la qualité de notre environnement en Bretagne. Côte à côte, syndicalistes paysans, protecteurs de l’environnement, mais aussi artistes, pêcheurs à la ligne, mères de famille avec enfants, retraité-e-s, tous ont voulu témoigner de l’impérieuse nécessité de changer d’orientation en matière d’agriculture
La question des OGM fut à plusieurs reprises au centre des différents interventions. Un nouveau combat aux formidables enjeux s’ouvre en effet pour tous ceux qui s’opposent aux dérives de l’agriculture intensive.
Les promoteurs des OGM embouchent les trompettes de la désinformation sur l’air du "on n’arrête pas le progrès" et "si ce n’est pas moi ce sera quelqu’un d’autre".
Certes, les manipulations génétiques ne sont pas une nouveauté. L’homme n’a cessé de sélectionner les variétés les plus intéressantes de son point de vue (le plus souvent en terme de rendement). Mais avec la transgénèse on franchit un pas hasardeux, car on fait éclater la structuration des espèces telle qu’elle existe naturellement, en incorporant dans une espèce un gêne provenant d’une autre. La science est incapable aujourd’hui de prévoir avec certitude les effets des modifications génétiques sur l’environnement. Certains risques sont cependant désormais bien connus. Ainsi, des études de l’INRA de Rennes ont montré qu’une plante comme le colza, dotée d’un gêne de résistance à un herbicide total peut le transmettre à des espèces sauvages de la même famille (ex:la ravanelle) qui du coup deviendraient résistantes aux herbicides totaux.
Mais pour les groupes les plus puissants du secteur, comme Monsanto et DuPont-Pioneer aux USA, ou Novartis en Europe, l’enjeu est de dominer le marché mondial de l’agriculture au siècle prochain. Pour cela des dizaines de milliards de francs d’investissement sont consentis en quelques années. La concentration, ici aussi, s’accélère et ce secteur sera bientôt dominé par quatre à six groupes regroupant des compétences en agrochimie, en semences, et en biotechnologies.
La perversité du processus qui se met en place apparaît nettement avec l’apparition de la Technology Protection System appelé aussi Terminator. Il s’agit d’un verrou biologique, créé par l’introduction d’un gène, qui rend stériles les plantes ainsi bricolées. Cette nouvelle technologie, en effet, permet d’altérer génétiquement une semence de telle manière qu’elle ne puisse pas germer si elle est plantée une seconde fois. Testée sur le coton et le tabac, rien n’interdit son utilisation sur la totalité des cultures.. Chaque paysan dans le monde entier serait condamné, à terme, à acheter chaque année ses graines aux firmes (si il en a les moyens).
Cette puissance économique leur permet de contrôler progressivement la recherche scientifique publique. Instituts de recherche public et universités, faute des moyens nécessaires, sont devenues dépendantes des fonds attribués par les groupes industriels. C’est très grave pour la crédibilité de la démarche scientifique.
Aux côtés de nombreuses associations, des syndicats les Verts tentent de s’opposer à ce nouvel et dangereux avatar de l’agriculture productiviste.
Les Verts du pays de Brest viennent ainsi d’expédier un courrier d’alerte et d’information à l’ensemble des établissements scolaires de la région brestoise et des associations de parents d’élève afin d’interdire l’utilisation des OGM dans les restaurations scolaires.
Les élus Verts de Brest, de leur côté, interviennent pour que la ville de Brest décide, par un vote du conseil municipal, de refuser l’achat de denrées avec OGM pour les restaurations collectives municipales

Christian Bucher

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